
Que veut dire le patronyme BEAL, entre l’Ardèche et la Haute-Loire ?
B comme BEAL, un ancêtre Moulinier ? ? ⚙️💧
🌿 Un nom façonné par l’eau et les moulins
Le patronyme BÉAL (ou BEAL, selon les orthographes anciennes) est profondément enraciné dans le paysage du Massif central.
On le rencontre fréquemment en Ardèche, en Haute-Loire, dans la Loire et jusqu’en Auvergne.
Son origine n’a rien de noble ou décorative : c’est un nom de terre et d’eau, né d’un élément vital de la vie rurale : le béal.
💧 Qu’est-ce qu’un “béal” ?
Dans les dialectes occitans et franco-provençaux de nos montagnes, le mot béal désigne un canal de dérivation — parfois aussi appelé bief — creusé par l’homme pour amener l’eau d’un ruisseau vers un moulin ou irriguer les prés.
Ces petits ouvrages hydrauliques, souvent en pierre ou taillés dans la pente, sillonnaient les vallées ardéchoises et vellaves.
Ils permettaient de faire tourner les meules, de moudre le grain, de battre le chanvre ou d’arroser les terres.
Un béal, c’était littéralement la veine d’eau qui faisait vivre le village.
🏡 Du canal au patronyme
Au fil du temps, de nombreux hameaux ou lieux-dits prirent le nom de “Le Béal”.
Et les familles qui y vivaient ou y travaillaient furent naturellement désignées comme “ceux du Béal”.
De là est né le patronyme, transmis de génération en génération.
👉 Autrement dit, si vous portez le nom BEAL / BÉAL, il est très probable qu’un ancêtre moulinier, meunier ou habitant du bord du canal figure dans vos racines.
🌾 Un nom typiquement ardéchois et vellave
Les reliefs abrupts et les vallées encaissées du nord de l’Ardèche et de la Haute-Loire ont façonné ce type de toponymie.
Chaque village possédait son béal, soigneusement entretenu et partagé entre les habitants selon des règles anciennes.
Ces réseaux d’eau étaient si essentiels qu’ils ont laissé leur empreinte dans le cadastre napoléonien, la toponymie locale, et jusque dans nos noms de famille.
🕰️ Héritage linguistique
Le mot béal vient du vieux français régional et de l’occitan beal / bial, eux-mêmes hérités d’une racine gauloise bedu- (fossé, canal) passée par le latin médiéval bedale.
C’est la même famille que le mot français bief, encore utilisé aujourd’hui pour désigner la portion d’un canal entre deux écluses.
Un héritage millénaire, transmis par la langue, l’eau et le travail des hommes.
🔎 En résumé
➡️ BEAL est un patronyme toponymique, né d’un lieu lié à l’eau.
➡️ Il désigne “celui qui habite près du canal” ou “du bief du moulin”.
➡️ Son origine géographique se concentre dans les zones de montagnes humides : Ardèche, Haute-Loire, Loire, Rhône, Auvergne.
➡️ Si vos ancêtres portaient ce nom, il y a fort à parier qu’ils vivaient “au béal”… peut-être même qu’ils faisaient tourner la meule du moulin familial ! ⚙️🌾
📚 Sources utilisées
- Geneanet – Fichier patronymique “BEAL” (Jean Tosti)
👉 https://www.geneanet.org/nom-de-famille/BEAL - Forebears – Étymologie et répartition du nom BEAL
👉 https://forebears.io/fr/surnames/beal - Bartavel – Trésor de la langue et des noms propres régionaux
👉 https://bartavel.com/tresor/5.Noms%20propres.pdf - Lieux et rivières de France – Étymologie des cours d’eau et toponymes de la Drôme
👉 https://www.lieuxetrivieresdefrance.fr/index.php/etymologie-cours-deau-de-drome/ - Documentation sur le moulin d’Ancette (Saint-Julien-d’Ance, Haute-Loire) – patrimoine-moulin.org
👉 https://www.patrimoine-moulin.org/moulin-ancette-saint-julien-d-ance/ - CNRTL – Étymologie du mot bief (latin bedum, racine gauloise bedu-)
👉 https://www.cnrtl.fr/etymologie/bief
Enquête sur la famille BEAL dans mon arbre :

Plusieurs Anne BEAL dans mon arbre :
1 – Anne BEAL baptisée le 8 avril 1706 à Saint-Agrève (Ardèche)

2 – Marianne BEAL baptisée le 15 décembre 1740 à Saint-André-en-Vivarais (Ardèche)

3 – Anne BEAL épouse de Pierre FAYAT, qui ont passé un contrat de mariage, le 19 juin 1649 à Désaignes.

Anne BEAL est la fille de Jehan BEAL et Judith VERGNE.
Maître Jehan BEAL était Prudhomme expert et en ayant effectué quelques recherches, je suis tombé sur l’explication concernant ce métier méconnu. Il a été inhumé le 26 avril 1678 au Cheylard (Ardèche).
Au XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, le terme « prud’homme » (ou preudhomme, selon l’orthographe ancienne) ne désigne pas un homme simplement “prudent” au sens moderne, mais un homme de probité reconnue, expérimenté, sage et respecté dans sa communauté.
⚖️ Sens administratif et social
Un prud’homme expert était souvent :
- un notable local (artisan, marchand, laboureur aisé, maître d’atelier, parfois meunier ou notaire rural),
- choisi pour son expérience et sa droiture,
- chargé de donner un avis technique ou moral dans une affaire civile, commerciale ou foncière.
Il pouvait intervenir :
- comme expert judiciaire (pour estimer une terre, un moulin, une maison, une récolte, un cheptel…),
- comme arbitre ou médiateur dans les litiges de voisinage,
- ou encore comme assesseur dans certaines décisions de justice seigneuriale ou consulaire.

4 – Claude BEAL qui a épousé Louise MONTABONNET/MONTABONNEL le 17 octobre 1707 à Devesset (Ardèche)

5 – Jean Pierre BEAL qui a épousé Marie DUPRE, le 15 juillet 1687 à Saint-Agrève (Ardèche)

Baptisé le 11 janvier 1668 à Saint-Agrève.

6 – Marie BEAL mariée le 11 février 1771 à Rochepaule avec Pons MOULIN.

7 – Pierre BEAL qui a épousé Marie LHERMET, le 22 février 1740 à Saint-André-en-Vivarais


8 – Louise BEALLE avec la construction en LLE, car à l’époque sous l’ancien régime on féminisait pas mal les patronymes pour des femmes devenant des matronymes.
Louise a épousé André BLACHIER, de leur union est née une fille Jeanne BLACHIER
Jeanne a épousé Jean DE LUVIGNE, le 22 mai 1601 par contrat de mariage à Sarras (Ardèche)
Que dit la SAGA sur le plus ancien contrat de mariage BEAL en Ardèche ?
Il s’agit du contrat de Jean BEAL et de Catherine DU FAURE, mariés le 3 mai 1548 à Saint-Martin-de-Valamas devant Me Pons BOURDIER, Etude 2 E 14028, Vue 67.
Le dit Jean est mentionné originaire de Saint-Julien-Boutières (Ardèche)

Cependant les actes et contrats BEAL qui m’intéressent le plus pour ma généalogie sont sur la zone de Saint-Agrève et ses alentours.
On retrouve ainsi le mariage non filiatif de Pierre BEAL et Jeanne VIALON, célébré à Saint-Agrève, le 14 novembre 1686 en présence de Antoine ROUSSON et de Antoine BEAL.

On retrouve ainsi le mariage non filiatif de Pierre BEAL et Jeanne VIALON, célébré à Saint-Agrève, le 14 novembre 1686 en présence de Antoine ROUSSON et de Antoine BEAL.
Le plus ancien contrat de mariage passé sur Saint-Agrève indexé sur le site de la SAGA, concerne Marguerite BEALLE qui a épousé Roma JAUMON, le 25 mars 1565 devant Me Antoine BRUN (Vue 112).
Ladite Marguerite dite fille de feu Jehan BEAL de la paroisse de Fontbonne.

CONCLUSION
🪶 Analyse généalogique
Dans les actes d’état civil et paroissiaux que j’ai pu consulter, aucun de mes ancêtres directs ne porte explicitement la profession de moulinier.
Cependant, les plus anciens actes notariés mentionnant la famille BÉAL font bel et bien référence à des mouliniers ou à des activités liées à la meunerie. Cette récurrence laisse penser que le métier était présent dans la lignée, peut-être au sein d’une branche collatérale ou d’une génération antérieure dont les traces ont été partiellement perdues au fil du temps.
Ainsi, même si la filiation directe n’est pas formellement attestée par les registres paroissiaux, les sources notariées renforcent l’hypothèse d’un lien entre la famille BÉAL et le monde artisanal des moulins, un univers emblématique des vallées ardéchoises et des bords de rivière où ces métiers prospéraient dès le XVIᵉ siècle.


