X comme Série X, Les enfants abandonnés dans mon arbre.
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novembre 26, 2025

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Loïc Duchamp

📚 Série X – Assistance publique, Enfants abandonnés, Pupilles de l’État

La série X des Archives départementales est l’une des plus sensibles et les plus émouvantes du cadre de classement. Elle regroupe essentiellement les documents liés à l’assistance publique, l’enfance abandonnée, les enfants trouvés, les pupilles de l’État, l’aide sociale, depuis la Révolution jusqu’au XXᵉ siècle.


🌟 1. Comment est née la série X ?

🔹 Une série issue des profondes réformes révolutionnaires

Avant 1789, l’assistance aux enfants abandonnés dépendait des hospices, hôpitaux généraux, confréries ou encore de fondations privées. Ces archives se trouvent donc en séries H, H-Dépôt, G, selon les départements.

Avec la Révolution française, une restructuration complète de l’assistance publique est mise en place :

  • 1791–1793 : l’État devient garant de l’accueil des enfants abandonnés.
  • An X (1802) : mise en place d’une administration plus centralisée avec des bureaux de bienfaisance.
  • XIXᵉ siècle : création progressive des Enfants Assistés, puis des Pupilles de l’État.

➡️ Dans ce contexte, lors de la création du cadre de classement des archives publiques de 1841 (réformé en 1857), une série spécifique a été créée pour regrouper tous les documents relatifs à l’assistance, à la bienfaisance et à la protection de l’enfance.
Cette nouvelle série reçoit la lettre X : une lettre volontairement peu utilisée avant, afin de marquer un domaine administratif à part.


📁 2. Que contient la série X ?

Son contenu peut varier selon les départements, mais on y retrouve systématiquement :

👶 Archives de l’enfance abandonnée ou assistée

  • Registres d’admission des enfants trouvés
  • Fiches d’enfants, dossiers individuels
  • Registres des enfants “mis en nourrice”, tournées d’inspection
  • Placement chez des familles ou des institutions
  • Registres de décès d’enfants assistés
  • Correspondances abondantes (hospices, maires, familles, préfecture)

🏥 Assistance publique / aide sociale

  • Pauvres secourus
  • Mendiants
  • Vieillards indigents
  • Orphelins
  • Allocations aux familles nécessiteuses
  • Rapports des visites et inspections

🛑 Documents très sensibles

  • Dossiers d’abandon volontaire
  • Enquêtes sur la filiation
  • Lettres de mères cachant leur identité
  • Relevés de la “Boîte à enfants” ou “Tournelle”
  • Signalements, rapports d’assistantes sociales

⏳ 3. Délais de communicabilité

La série X relève de la vie privée75 ans pour la majorité des documents (selon l’article L213-2 du Code du patrimoine).
Certains dossiers peuvent atteindre 100 ans selon leur contenu.

⚠️ Exception :
Les registres d’admission anciens sont parfois librement communicables si les personnes sont décédées depuis plus de 25 ans.


🔍 4. Comment effectuer des recherches dans la série X ?

Étape 1 – Préparer : identifier l’enfant

✔️ Nom et prénoms (ou mention “inconnu”)
✔️ Date ou période de naissance
✔️ Lieu probable d’abandon (ville, hospice, mairie)
✔️ Institution compétente (hospice départemental, hôpital civil, etc.)

Étape 2 – Chercher dans les inventaires

Selon les départements, l’instrument de recherche de la série X se présente par :

  • Enfants trouvés / enfants assistés
  • Assistance publique
  • Aide sociale à l’enfance
  • Hospices / Maisons maternelles
  • Bureau de Bienfaisance
  • Pupilles de l’État

On recherche dans l’inventaire :

  • Registres matricules
  • Registres alphabétiques
  • Numéros de dossiers individuels
  • Classements par année

Étape 3 – Consulter sur place (ou demander une communication)

En salle de lecture :

  • Les registres sont souvent communicables.
  • Les dossiers individuels sont protégés et souvent communiqués seulement sur dérogation ou preuve de décès.

Étape 4 – Recouper

Pour enrichir la recherche :

  • Série H → fonds des anciens hospices avant 1790
  • Série U → tribunaux (pour recherches de filiation, abandons judiciaires, tutelles)
  • Série E / état civil → actes avec mentions marginales
  • Presse ancienne → annonces d’enfants trouvés
  • Fonds préfectoraux (série M) → statistiques, rapports sociaux
  • Série W → dossiers modernes après 1940 (très protégés)

🎯 5. Conseils méthodologiques

✔️ Toujours commencer par les registres matricules : ce sont les “fils directeurs”.
✔️ Ne jamais négliger les correspondances : elles donnent souvent des détails humains rares.
✔️ Penser aux réseaux de nourrices : chaque enfant assisté a une ou plusieurs familles d’accueil.
✔️ En cas de refus de communication, une demande de dérogation est possible via les Archives + ministère de la Culture.

📘 Exemples de cas dans mon arbre généalogique

Chacun des enfants abandonnés à un numéro matricule qui lui a été attribué

1️⃣ Lubin SANDON

Né le 8 juin 1838 à Lyon, de parents inconnus, il a été déposé dans le Tour de l’Hospice, il avait 2 jours.

De nombreux éléments ont pu être trouvés sur les archives municipales de Lyon.

Il ne portait sur lui aucun billet.

https://recherches.archives-lyon.fr/page/enfants-abandonnes-1

https://www.fondsenligne.archives-lyon.fr/v2/ac69/enfant_liste.html

Il fut ensuite placé à Saint-Victor (Ardèche) chez Jean BOUCHARINS et sa femme Mme BOBICHON. Puis placé chez Jean Antoine MONERON à Arlebosc (Ardèche).

2️⃣ Marie PRUNOT

Née le 17 février 1883 à Lyon, elle a été reconnue puis abandonnée par sa mère Antoinette PRUNOT, voici son dossier d’enfant assisté et abandonné.

3️⃣ Paul Auguste JAVON

Né à Tournon-sur-Rhône, Ardèche, il a été reconnu par sa mère Anastasie JAVON, le 7 septembre 1906 avant d’être abandonné par cette dernière.

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Questions fréquemment posées

Est-il possible de remonter une branche quand on ne connaît pas le père biologique d'un enfant naturel ?
Deux cas de figure : la mère a pu laisser des indices à l’hôpital (Hôtel Dieu de Lyon par exemple) le père biologique a pu être présent pour la naissance ou le baptême de l’enfant… Ou malheureusement parfois, le secret fut bien gardé et aucun indice divulgué…
Je suis bloqué dans mes recherches, il y'a des lacunes dans les archives y'a t'il un moyen de remonter malgré tout ?
Les archives paroissiales celles de l’ancien régime effectivement peuvent être lacunaires, en effet il est possible de remonter la piste de ses ancêtres par le biais d’autres archives (actes notariés, travaux d’historien, presse ancienne etc …)
Peut-on retrouver des documents particuliers sur des ancêtres femmes ?
Vous pouvez en effet retrouver dans certaines archives, leur certificat d’études, leur permis de conduire, leur passeport, carte de résistance etc …
Puis je espérer remonter ma lignée d'ancêtres jusqu'à charlemagne ?
La réponse est non de manière certifiée par les actes c’est impossible en revanche par les travaux des historiens concernant les recherches effectuées à travers les siècles passés, il est possible que grâce à ces travaux vous remontiez à Charlemagne mais c’est loin d’être une évidence.
Est-il vrai que nous avons tous des ancêtres nobles ou des branches nobles?
Question très fréquente en généalogie, en réalité bon nombre de personnes ont des ancêtres nobles malheureusement à cause des lacunes dans les archives il est très compliqué d’en retrouver cependant c’est souvent grâce à une ancêtre que l’on retrouve une branche noble appelée aussi sang bleu.
Comment retrouver le passé et l'histoire militaire de mon ancêtre ?

Première chose à faire, rechercher son matricule militaire, ensuite pour approfondir la carrière militaire de votre ancêtre, confiez vos recherches généalogiques à l’étude Duchamp GeneaServices.

Quelle est la différence entre une lignée agnatique et une lignée cognatique ?
Une lignée agnatique cela signifie qu’on s’intéresse à la lignée des hommes d’un individu, c’est-à-dire le père, puis le grand-père, puis l’arrière-grand-père, etc. (dans les ascendants) ou le fils, puis le petit-fils, puis l’arrière-petit-fils, etc. (dans les descendants). La lignée cognatique c’est le contraire c’est uniquement par les femmes.
est il possible de découvrir une affaire criminelle dans sa généalogie ?
La réponse est oui grâce aux articles de la presse ancienne notamment la BNF, Gallica, et bien sûr grâce à la série U des archives, il est possible de retrouver un jugement criminel concernant votre ancêtre qu’il soit victime d’un crime ou coupable.
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